Entretien avec Mme Michelle Savoie, directrice générale de Montréal InVivo
La restructuration mondiale du secteur des sciences de la vie, conjuguée à la récession qui a sévi récemment, a fragilisé ce secteur. « Ce sont les entreprises de biotechnologies – dont la performance repose essentiellement sur leur capacité à innover – qui ont le plus souffert de cette crise économique mondiale », a affirmé Mme Michelle Savoie, directrice générale de Montréal InVivo. En effet, le resserrement des conditions de crédit et, bien entendu, la baisse de la disponibilité du capital de risque ont eu des conséquences néfastes sur les PME du secteur, qui ont en grande partie réagi en réduisant leur main-d’œuvre.
Les PME du secteur des sciences de la vie luttent donc pour leur survie. C’est du moins ce que révèle une étude réalisée par BIOQuébec qui suggère qu’en 2008, 66 % des entreprises sondées disposaient de seulement 12 mois d’encaisse devant elles. En 2010, ces dernières font toujours face à d’importants défis, à commencer par le manque de liquidités et la concurrence des marchés émergents. Cependant, le plus important enjeu du secteur, selon Mme Savoie, demeure de traduire les innovations par des retombées économiques et des commercialisations concrètes.
Rappelons d’abord que le secteur des sciences de la vie est l’un des plus importants et prometteurs pour l’avenir économique de Montréal. En effet, il englobe quelque 620 organisations, dont 150 centres de recherche et 80 filiales d’entreprises étrangères dans le Grand Montréal. Voilà qui représente autour de 41 000 emplois qualifiés. Le Grand Montréal détient également une infrastructure de recherche de haut niveau, avec quatre établissements universitaires et une faculté de pharmacie, des centres de recherche de haut calibre ainsi qu’une très importante concentration de chefs de file mondiaux du domaine. Montréal demeure l’un des rares endroits dans le monde où une compagnie peut réaliser toutes les étapes nécessaires à la création d’un médicament.
À cet égard, plusieurs experts estiment qu’un emploi créé dans le domaine des sciences de la vie entraîne indirectement la création de 5,8 nouveaux emplois en moyenne dans d’autres secteurs tels que l’industrie manufacturière et la finance.
Les perspectives pour l’année 2010 demeurent bonnes. Malgré tout, la place stratégique qu’occupe ce secteur et les retombées économiques qu’il engendre l’ont placé parmi les priorités des gouvernements. C’est ainsi que le gouvernement du Québec a lancé, en octobre dernier, sa stratégie biopharmaceutique en vue de soutenir les sociétés biopharmaceutiques et biotechnologiques, notamment en facilitant aux PME l’accès à des liquidités en finançant les crédits d’impôt en recherche et développement sur une base trimestrielle plutôt qu’annuelle. D’autres mesures devraient favoriser le redressement du secteur. Parmi elles, on retrouve la création d’un fonds d’amorçage pour soutenir le démarrage des entreprises, ainsi que le fonds Teralys – initié par la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ et le gouvernement du Québec – qui vise à financer des fonds de capital de risque privés destinés à investir dans des entreprises technologiques. Toutefois, Mme Savoie tient à préciser que nous devons maintenir les initiatives susceptibles de favoriser les collaborations et les partenariats entre les grandes pharmaceutiques, les entreprises de biotechnologies et les centres de recherche. « C’est en renforçant l’interaction entre les différents acteurs de l’industrie qu’on améliorera nos chances de traduire nos recherches par des retombées et des commercialisations », a conclu Mme Savoie.
Version française
The global restructuring of the life sciences sector, combined with the last recession, has weakened the industry. “Biotech firms—whose performance essentially depends on their ability to innovate—have suffered the most as a result of the worldwide economic crisis,” says Michelle Savoie, General Manager of Montréal InVivo. The fact is that tighter credit conditions and a dearth of VC capital have taken a toll on SMEs in this industry, most of which have responded by cutting payroll.
Life sciences SMEs are therefore fighting for their lives. Or so says a study conducted by BIOQuébec, which suggests that in 2008, 66% of the companies surveyed had just 12 months of cash reserves. Two years later, they are still facing serious challenges, beginning with lack of liquidity and competition from emerging markets. However, the greatest issue confronting this sector, according to Michelle Savoie, is how to commercialize innovations and turn them into concrete economic outcomes.
To begin, the life sciences industry is one of the most important and promising for Montréal’s economic future. Encompassing some 620 organizations, including 150 research centres and 80 foreign subsidiaries in Greater Montréal, it accounts for roughly 41,000 qualified jobs. The metropolitan region also has a sophisticated research infrastructure comprised of four universities and a pharmacy faculty, world-class research centres, and a very high concentration of global industry leaders. Montréal is one of the few places in the world where a company can complete all the phases of the drug development process.
In this regard, some experts reckon that for every job created in the life sciences industry, an average of 5.8 new jobs are created indirectly in other industries such as manufacturing and finance.
The outlook for 2010 is positive. Despite everything, the sector’s strategic position and associated economic spinoffs have made it a priority for the governments. Thus, in October, the Government of Québec adopted a biopharmaceutical strategy aimed at supporting biopharmaceutical and biotech firms by, among other things, making its easier for them to manage their liquidity by financing R&D tax credits quarterly instead of annually. Other measures should also help revive the sector. Examples include the creation of a seed fund to encourage start-ups, and the Teralys fund—an initiative of the Caisse de dépôt et placement du Québec, the Fonds de solidarité FTQ and the Government of Québec—which will finance private VC funds that invest in tech firms. Savoie points out, however, that we must maintain initiatives that encourage collaboration and partnerships between the big pharmas, biotech firms and research centres. “The way to boost the odds of research leading to economic outcomes and commercialization is by increasing the interaction between industry players,” concluded Montréal InVivo’s General Manager.
Trackback URL for this post:
http://blogue.tableaudebordmontreal.com/trackback/67
Parmi les startégies
Parmi les startégies possibles, l'industrie biotech Québécoise peut se réorienter vers le développement de produits en vente libre pour espérer survivre.
Plus facile à développer et permettant des revenus acceptables, ces produits réduiront les risques maintenant excessifs des entreprises qui ne pourront s'allier à un plus grand partenaire.