Janvier 2009 a été dramatique pour l’emploi à Montréal avec la deuxième plus importante perte d’emplois des 20 dernières années. Avec un recul de 28 200 emplois en un seul mois, il faut remonter à novembre 1992 pour trouver des pertes encore plus nombreuses.
La comparaison avec 1992 s’arrête toutefois là... pour Montréal.
Les autres indicateurs du marché du travail révèlent des différences marquées. Par exemple, le taux de chômage se situait à 15,1 % en novembre 1992, bien loin de celui de 8,4 % obtenu en janvier 2009.
8,4 %, c’est d’ailleurs le taux de chômage que connaissait Montréal en 2004 – où la croissance du PIB était de 2,4 %, soit la meilleure des cinq dernières années.
Ce qui inquiète évidemment, c’est la possibilité que ce rebondissement du taux de chômage indique le début d’une glissade du marché du travail métropolitain. Cependant, Montréal jouit encore d’une certaine marge de manœuvre avant de tomber dans une situation similaire aux années 1991 et 1992.
La situation est différente à l’échelle canadienne, où les données de janvier sont particulièrement frappantes. En effet, le Canada vient de connaître, presque coup sur coup, deux mois ravageurs, dont le pire mois de l’histoire avec une perte de 129 000 emplois en janvier. Ce recul s’ajoute donc aux 63 000 emplois perdus en novembre 2008, deuxième pire mois pour l’emploi depuis 20 ans.
Autrement dit, novembre avait été très mauvais; janvier aura été encore pire. Espérons au moins que la Banque du Canada ne se trompe pas en affirmant que ce trimestre sera le pire de l’année 2009.
Que peut-on déduire de tout cela ?
D’abord, et même s’il reste encore beaucoup d’inconnues, que Montréal et le Québec demeurent pour l’instant en meilleure posture que le reste du Canada. Ensuite, qu’il y a un risque que ce dernier recul de l’emploi ébranle encore davantage la confiance des consommateurs et des entreprises.
En fin de compte, c’est peut-être sur ce dernier aspect que l’impact du mois de janvier à Montréal est le plus préoccupant. De la perte de confiance à la panique, il y a tout de même un pas à franchir; mais janvier vient de nous pousser très fort dans le dos…
Version française
In January 2009, employment in Montréal plunged, racking up the second largest job loss – 28,200 in a single month – in the past twenty years. A larger loss hasn’t been seen since 1992.
Fortunately, the comparison with 1992 ends there, at least for Montréal.
Other labour market indicators reveal major differences. The unemployment rate was 15.1% in November 1992, for example, almost double the 8.4% posted in January 2009.
Indeed, 8.4% was the unemployment rate recorded in Montréal in 2004 – when the GDP grew by 2.4% – or the highest jump seen in five years.
What is worrisome, of course, is the possibility that this sharp rise in the unemployment rate could mark the beginning of a slide in metropolitan Montréal’s labour market. But the metropolis still enjoys a certain amount of breathing room before finding itself in a situation comparable to that seen in 1991 and 1992.
At the national level, the picture is much different, with January’s data particularly striking. Indeed Canada has been hit in quick succession by two devastating months, including the worst month in its history, with the loss of 129,000 jobs in January. This major setback came almost immediately following the loss of 63,000 jobs in November 2008, the second worst month for employment in the past twenty years.
In other words, November’s figures were bad, but January’s were even more worrisome. Let’s just hope that the Bank of Canada is right in affirming that this quarter will be the worst of 2009.
What can we deduce from all this?
First of all, while there are still many unknowns, we can conclude that, for the moment, Montréal and Quebec are in a stronger position than the rest of Canada. And, second, that there is a danger that this latest decline in employment will further shake the confidence of consumers and businesses.
In the final analysis, it is perhaps on this second score that January’s impact on Montréal is the most troubling. From loss of confidence to panic, there is a big step, but January has just given us a hard nudge in that direction.
Trackback URL for this post:
http://blogue.tableaudebordmontreal.com/trackback/54
Bien nous savons tous que
Bien nous savons tous que c'est la crise. Les media font leur choux gras en annoncant mauvais chiffre apres mauvais chiffre.
Maintenant la question est de savoir que va faire la ville de montreal de concret pour aider sa population ?
La ville pourrait, par exemple, annoncer une reduction des taxes scolaires et des taxes municipales au moins pour l'annee 2009 ! Faire pression apres de la STM et de Hydro-Quebec pour eviter que leurs tarifs n'augemente cette annee alors que beaucoup vont se trouver en difficultes.
Eviter de mettre des interets si les gens qui payent un peu en retard leur charges.
En gros montrer une solidarite de la Ville en periode de crise pour ses concitoyens. Ca sera, a mon avis, mieux apprecie que des grands discours steriles.