Les mouvements à la baisse qui ont rythmé les clôtures de la Bourse de Toronto durant les derniers mois de 2008 ont pris des allures vertigineuses. L’indice S&P/TSX perdait en effet près de 40 % de sa valeur entre le 2 juillet et le 19 novembre 2008 et les titres alarmistes qui se succédaient dans les journaux faisaient planer le spectre d’une crise aux répercussions bien plus fortes qu’initialement prévu.
Les fluctuations de l’indice S&P/TSX sont, à certains égards, un peu semblables à celles du PIB canadien total en ce sens qu’elles traduisent la valeur d’un ensemble sans toutefois s’attarder sur les particularités géographiques. S’il est donc possible, suivant les mouvements de la Bourse de Toronto, de dégager la tendance générale selon laquelle évoluent les entreprises québécoises inscrites en Bourse, il reste néanmoins difficile d’en apprécier les subtilités.
Afin d’offrir un indice boursier décrivant plus fidèlement les différentes réalités économiques provinciales, le Centre d’analyse et de suivi de l’Indice Québec (CASIQ) a ainsi développé une série d’indices territoriaux calibrés de manière à ne refléter que les activités territoriales des entreprises qui y sont incluses.
Le graphique qui décrit l’évolution comparative de ces indices territoriaux entre le 2 juillet et le 19 novembre 2008 fait ainsi ressortir une tendance à la baisse certes similaire, mais dont la sévérité diffère quand même significativement de province en province.
D’un côté, les indices de la Colombie-Britannique (ICB-20) et de l’Alberta (IAB-25) ont perdu près de la moitié de leur valeur depuis le 2 juillet (-56 % pour l’indice ICB-20 et -47 % pour l’indice IAB-25) alors que de l’autre, les indices relatifs à l’Ontario (IO-40) et au Québec (IQ-30) affichaient des reculs respectifs de 35 % et de 18 %. C’est donc au Québec que les pertes auront été les moindres depuis le déclenchement de la crise financière.
C’est principalement aux poids des secteurs d’activité représentés par les entreprises dans chaque indice provincial que ces différences sont dues. Il n’est donc pas surprenant de voir, dans les mouvements des valeurs qui décrivent l’activité de l’Ouest canadien, des variations très marquées étant donné les fluctuations importantes associées aux cours de l’énergie et à ceux des produits de base qui occupent une place prépondérante dans ces économies. L’ICB-20 et l’IAB-25 sont en effet respectivement composés à 64,4 % du secteur des matériaux et à 77 % du secteur de l’énergie.
Les mouvements des valeurs de l’IQ-30 et de l’IO-40, qui sont composés à un peu plus de 40 % d’entreprises actives dans le secteur financier, ont en comparaison été moins prononcés et reflètent à bien des égards la répercussion relativement limitée de la crise internationale sur les établissements financiers canadiens et la confiance que suscite notre système bancaire.
Ce que nous pouvons en retenir ? L’Indice Québec 30 (IQ-30) nous montre que l’économie québécoise repose sur des secteurs solides qui semblent, pour l’instant, à l’abri des bulles spéculatives. Voilà qui pourrait nous favoriser lorsque les vents de la tempête mondiale se seront calmés et que sera venu le temps de rebondir.
Version française
The sharp decline in closing prices on the Toronto Stock Exchange began to look like a freefall in the final months of 2008. The S&P/TSX index lost close to 40% of its value between July 2 and November 19, and the string of alarmist newspaper headlines floated the spectre of a crisis whose repercussions would last far longer than initially forecast.
In some respects, the fluctuations in the S&P/TSX index are similar to those of Canada’s total GDP in that they reflect an aggregate value without regard to geographic differences. While the general trend of listed Quebec companies can be determined by tracking the movements of the Toronto Stock Exchange, subtleties are harder to discern.
To offer a stock market index that more faithfully describes the different provincial economic situations, the Centre d’analyse et de suivi de l’Indice Québec (CASIQ) developed a series of territorial indicators calibrated to reflect only the activities of companies in a given territory.
The above graph of comparative changes in these territorial indices between July 2 and November 19, 2008, shows a similar downward trend, although its severity varies widely from one province to the other.
The British Columbia (ICB-20) and Alberta (IAB-25) indices lost almost half their value since July 2 (-56% for the ICB-20 index and -47% for the IAB-25 index), whereas the relative indicators for Ontario (IO-40) and Quebec (IQ-30) fell 35% and 18%, respectively. Accordingly, Quebec has posted the smallest losses since the start of the financial crisis.
These differences stem largely from the different industry weighting in each provincial index. It is therefore not surprising to see sharp variations in the values describing activity in the Canadian West given the wide fluctuations in the prices of energy and commodities, which play a big role in these economies. Indeed, commodities make up 64.4% of the ICB-20 while energy accounts for 77% of the IAB-25.
The movements in the IQ-30 and the IO-40, which comprise just over 40% financial stocks, were by comparison less pronounced and in many respects reflect the fairly limited impact of the international crisis on Canadian financial institutions as well as our confidence in our banking system.
What can we learn from this? The Quebec index (IQ-30) shows us that the Quebec economy is founded on solid sectors that appear, for the moment, to be sheltered from speculative bubbles. And this may very well help us when the winds of the global storm have calmed and the time comes to bounce back.
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2 questtions plutôt que
2 questtions plutôt que commentaires:
1) Est-ce que ces indices territoriaux sont encore les même à la veiile de mars compte tenu de la soi disant décroissance de fin 2008 et début 2009?
2) Est-ce qu'ils reflètent l'"économie réelle"?
MERCI